Mitry-Mory s’empare du sujet des addictions au travail
À Mitry-Mory, commune de Seine-et-Marne de quelque 20 500 habitants qui emploie 570 agents, la démarche de prévention des risques professionnels liés aux conduites addictives répond à une demande des organisations syndicales et des encadrants, parfois démunis face à ces situations. Non pas parce que la collectivité serait davantage confrontée à ces problématiques, mais parce qu’elle s’inscrit dans une logique de prévention active et partagée. « Nous voulions outiller nos cadres et assumer collectivement ce sujet, encore tabou dans le monde du travail », explique Eddy Bagattin, DRH de la ville de Mitry-Mory.
Avec l’appui de la MNT, la collectivité a déployé un dispositif structuré, rendu possible par une culture de la prévention déjà bien ancrée. L’objectif ? Faire des conduites addictives un sujet de prévention à part entière, partagé par tous — qu’il s’agisse de consommations de substances psychoactives (alcool, drogues, médicaments…) ou de comportements (jeux, écrans, achats compulsifs, sport…).

Sensibiliser pour lever le tabou
Première étape : pour engager la réflexion, 50 décideurs (élus, encadrants, préventeurs…) ont assisté, en janvier 2025, à une conférence d’une heure. Au programme : compréhension des conduites addictives, rappel de la responsabilité de l’employeur et importance d’une vigilance partagée. Nicolas Dalibard, consultant de GAE Conseil, y a délivré un témoignage marquant sur son parcours de dépendance et de reconstruction. « Il nous a captivés ! L’assemblée était très attentive. Ça a mis de la chair à ce sujet », se souvient Eddy Bagattin.
« Nous voulions outiller nos cadres et assumer collectivement ce sujet, encore tabou dans le monde du travail. La MNT nous a apporté un cadre, des outils et une méthode. Cela nous a permis d’aborder ce sujet sereinement et de construire une démarche cohérente dans la durée. »

Former des relais de proximité
Deuxième temps fort : en décembre 2025, 17 agents volontaires issus de différents services sont devenus "bienveilleurs en addictologie" après avoir suivi une formation de deux jours. Leur rôle consiste à repérer les signaux faibles, à adopter une posture d’écoute et à orienter les personnes vers les bons interlocuteurs, sans se substituer aux professionnels de santé. « Nous avons de nombreux sites et des équipes réparties sur toute la commune. Avoir des relais de proximité, sur le terrain, là où la prévention ne peut pas toujours être présente, était essentiel », souligne Nathalie Nguyen-Maillard, conseillère en prévention.
Pour Mickaël Roger, agent de propreté formé, les bénéfices sont immédiats : « Avant, je ne savais pas comment aborder un collègue en difficulté. Maintenant, j’ai des outils. Je sais écouter, poser un cadre sécurisant, orienter. Je me sens plus légitime ». Nicolas Dalibard, qui a animé la formation, en résume l’esprit : « Ce ne sont pas des managers qu’on met en responsabilité supplémentaire, mais des agents volontaires qui veulent vraiment pouvoir aider. Si un seul d’entre eux change la vie d’une personne, c’est déjà beaucoup ! »
« Nous avons de nombreux sites et des équipes réparties sur toute la commune. Avoir des relais de proximité, sur le terrain, là où la prévention ne peut pas toujours être présente, était essentiel. »

Développer une démarche collective pour des effets durables
Charte, fiches outils, protocoles de tests, répertoire de partenaires spécialisés... : en décembre 2025, la collectivité a aussi intégré son dispositif dédié à la prévention des conduites addictives à son règlement intérieur. Et les noms des 17 "bienveilleurs", réseau de relais de proximité, ont été diffusés à tous les agents de la ville via le bulletin de paie de janvier 2026. Cette démarche globale a donc impliqué l’ensemble de la collectivité : le comité social territorial, le comité de direction, les managers et les agents. Depuis, c’est un véritable changement de regard qui commence à s’opérer : les conduites addictives sont mieux comprises, moins stigmatisées et davantage considérées comme un enjeu de santé au travail. En 2026, la démarche se poursuit : les dispositifs mis en place devraient être présentés à l’ensemble des agents. Un sujet dont on parle désormais plus facilement.
« Avant, je ne savais pas comment aborder un collègue en difficulté. Maintenant, j’ai des outils. Je sais écouter, poser un cadre sécurisant, orienter. Je me sens plus légitime. »

La MNT, un accompagnement structurant
À Mitry-Mory, la démarche de prévention des risques professionnels liés aux conduites addictives a été construite avec l’appui de la MNT et de sa référente prévention régionale. De la sensibilisation des décideurs à la formation des agents, l’accompagnement de la mutuelle a structuré une réponse adaptée aux besoins de la collectivité. « La MNT nous a apporté un cadre, des outils et une méthode. Cela nous a permis d’aborder ce sujet sereinement et de construire une démarche cohérente dans la durée », souligne Eddy Bagattin, DRH de la ville de Mitry-Mory.
GAE Conseil, expert en addictologie
Partenaire de la MNT, GAE Conseil accompagne les employeurs dans la prévention des conduites addictives en milieu professionnel. Le cabinet compte onze salariés et une soixantaine de consultants répartis sur toute la France métropolitaine et d’outre-mer. Ses interventions couvrent le conseil, la formation, la sensibilisation et l’accompagnement individuel.
Copyright : ville de Mitry-Mory, DR.
Légendes photos : 1) L’Espace Solidarité de la ville de Mitry-Mory, bâtiment qui accueille les services social, logement, seniors et prévention santé, et lieu où s’est tenue la formation des bienveilleurs, ainsi que le codir élargi qui a présenté le dispositif aux cadres. 2) Formation des bienveilleurs animée par Nicolas Dalibard, avec la présence notamment d'Eddy Bagattin, Nathalie Nguyen-Maillard et Mickaël Roger.
Article publié le 24/03/2026