Lille : organiser le travail en conditions climatiques extrêmes
Dès 2017, la métropole européenne de Lille constate l’évolution rapide des conditions climatiques extrêmes : des étés plus longs et plus chauds, et des équipes travaillant à l’extérieur de plus en plus exposées. Agents des espaces verts ou des parcs, de la voirie, de l’assainissement, géomètres, coursiers… : pour ces métiers en extérieur, « il n’est pas possible de se replier au bureau quand la chaleur devient difficilement supportable », rappelle Michaël Legrand, responsable de la prévention et de la qualité de vie au travail.
Des plans construits à partir du terrain
Le service prévention élabore alors deux dispositifs complémentaires : un plan "fortes chaleurs et canicule" et un plan "grand froid". Leur point de départ ? L’évaluation des risques professionnels et le document unique. Validés par les instances représentatives, ces plans sont ensuite ajustés chaque année à partir des visites de terrain et des remontées des agents, des encadrants et des préventeurs.

Des mesures renforcées chaque année
Dès 2017, les premières actions de prévention des risques sont concrètes :
- en cas de fortes chaleurs : mise à disposition de bouteilles d’eau, glacières dans les véhicules, adaptation du travail et aménagement des horaires ;
- en période de grand froid : équipements adaptés (bottes fourrées, bonnets, gants, vestes polaires, parkas antifroid), adaptation du travail et des horaires également.
D’année en année, le dispositif s’étoffe. Les bouteilles isothermes ont remplacé les bouteilles en plastique, offrant une solution plus durable, utilisable été comme hiver. En cas de fortes chaleurs, les agents peuvent commencer avant 7h30. Les équipements de protection individuelle évoluent aussi, avec de nouveaux pantalons "été" moins chauds en cours de test.
Anticiper sans interrompre
La continuité du service public reste un principe structurant. Certaines missions, comme la viabilité hivernale ou les interventions d’urgence sur la voirie, ne peuvent être différées. L’enjeu ne consiste donc pas à suspendre l’activité, mais à adapter l’organisation du travail pour permettre aux équipes d’intervenir malgré des conditions climatiques extrêmes. Franck Léger, coordonnateur voirie, témoigne : « Travailler plus tôt quand il fait très chaud, c’est moins de fatigue et moins de risques. Les équipes finissent plus tôt, rentrent chez elles dans de meilleures conditions, et ça se ressent clairement sur l’ambiance. »
« Travailler plus tôt quand il fait très chaud, c’est moins de fatigue et moins de risques. Les équipes finissent plus tôt, rentrent chez elles dans de meilleures conditions, et ça se ressent clairement sur l’ambiance. »

Encadrants et préventeurs, des relais essentiels
La réussite du dispositif repose notamment sur l’implication des encadrants de proximité, chargés de relayer les consignes et d’ajuster les plannings. Les préventeurs jouent aussi un rôle central à travers les visites de terrain et les remontées des difficultés. Enfin, la communication mobilise plusieurs canaux (intranet, affichage, relais managérial) afin de toucher aussi les agents moins connectés. « L’enjeu n’est pas d’imposer des règles, mais de donner aux encadrants et aux agents des outils pour continuer à travailler, même quand le climat devient plus contraignant », poursuit Michaël Legrand.
Neige et verglas
Les épisodes de neige et de verglas survenus cet hiver ont mis en lumière un autre enjeu opérationnel : les déplacements. Routes difficiles d’accès, transports perturbés, impossibilité pour certains agents de rejoindre leur lieu de travail en sécurité… : ces situations conduisent aujourd’hui la métropole européenne de Lille à faire évoluer son plan "grand froid", afin de limiter les déplacements et les prises de risque inutiles.
Dans cette démarche de prévention, l’enjeu est de créer les conditions de réalisation du travail adaptées aux contraintes climatiques pour permettre aux agents d’assurer leur mission sans atteinte à leur santé.
« L’enjeu n’est pas d’imposer des règles, mais de donner aux encadrants et aux agents des outils pour continuer à travailler, même quand le climat devient plus contraignant. »

La Métropole européenne de Lille en chiffres
- 95 communes.
- Près de 3 000 agents.
- 4 préventeurs.
- 50 assistants de prévention répartis dans les services.
La MEL a été nominée aux Prix santé et mieux-vivre au travail (PSMT) 2025, dans la catégorie risques climatiques et conditions de travail, pour son programme « santé, prévention & écologie », qui vise à assurer toute l’année un accès durable à l’eau potable aux travailleurs en extérieur. Ce dispositif contribue à la santé et au confort des agents, tout en réduisant l’impact environnemental :
- 350 agents équipés de bouteilles isothermes en 2024 ;
- 1 000 agents équipés en 2025 ;
- 75 000 bouteilles en plastique économisées par an.
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Copyright : MEL_Vincent Lecigne ; MEL_Franck Léger.
Légendes photos : interventions des équipes de voirie de la MEL.
Article publié le 13/02/2026